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DR GAUZE GNAGNE CHANTAL, DIRECTRICE DE LA PROTECTION DE L'ENFANT AU MINISTERE DE LA FEMME, DE LA FAMILLE ET DE L'ENFANT

dimanche 04 octobre 2026


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"L'un des plus importants progrès réalisés par le gouvernement est l'inclusion des enfants en situation de handicap dans le cursus scolaire normal"

Dans cet entretien, Dr Gauze Gnagne Chantal, Directrice de la Protection de l'enfant au ministère de la Femme, de la Famille et de l'Enfant, met en lumière les progrès réalisés ces dernières années dans le cadre de la mise en œuvre de la politique du gouvernement en matière de protection de l'enfant. 

 

Madame la Directrice, présentez-nous la Direction de la Protection de l’enfant ?

La Direction de la Protection de l'enfant est une direction centrale du ministère de la Femme, de la Famille et de l'Enfant. Sa mission principale est de veiller à ce que l'intérêt supérieur de l'enfant soit au cœur de l'action gouvernementale. De façon concrète, la Direction de la Protection de l'enfant veille à la mise en œuvre de la politique nationale de protection de l'enfant, à la promotion des droits de l'enfant et à la lutte contre les abus et les violences à l’encontre des enfants. 

Cette Direction est également chargée de l'encadrement et la coordination des établissements de protection et de remplacement.

 

L'État a renforcé les dispositifs de protection des enfants vulnérables, notamment ceux en situation de handicap. Quels sont aujourd'hui les principales structures disponibles et quels services offrent-elles aux enfants et à leurs familles ?

Le ministère de la Femme, de la Famille et de l'Enfant possède effectivement 86 structures qui prennent en charge les enfants en situation de handicap. Dans nos complexes socioéducatifs, nous avons 72 centres d’éducation spécialisés, 4 orphelinats spécialisés, 7 pouponnières et enfin 3 centres d'accueil qui prennent tous soin des enfants en situation de handicap.

 

Lorsqu'un enfant est accueilli dans l'une de ces structures, de quels accompagnements bénéficie-t-il ?

Sur le plan médical, nous prenons en charge toutes les pathologies que l'enfant peut présenter, mais surtout, du fait de sa situation d'enfant en situation de handicap, nous l'accompagnons au niveau de la kinésithérapie, l'ergothérapie, etc. 

Nous nous occupons aussi de sa santé mentale. L'enfant bénéficie d'écoute, d'accompagnement psychosocial. Les parents de ces enfants sont également pris en charge au niveau psychologique et sont aussi formés quant à la prise en charge de l'enfant. L'enfant bénéficie, en effet, d’une prise en charge holistique, intriquée et imbriquée, notamment sur le plan cognitif, affectif et émotionnel. 

A tous les niveaux, l'enfant est accompagné ainsi que sa famille, car ce n'est pas évident d'avoir un enfant en situation de handicap. Nous devons accompagner les parents afin de leur apprendre à gérer cette situation de handicap et faire face à ce que suppose la prise en charge quotidienne d'un enfant en situation de handicap. Nous faisons cet accompagnement pour que l'enfant puisse avoir une certaine assurance et savoir que le handicap n'est pas une fatalité. Il peut aller de l'avant.

 

Le maintien ou le retour de l'enfant dans un environnement familial protecteur reste une priorité pour l'État. Comment l'État accompagne-t-il les familles, notamment celles ayant un enfant en situation de handicap ?

Il est important de savoir que dans nos centres socioéducatifs, il y a un service qui est le Centre d’Éducation Spécialisé, outillé pour accompagner ces enfants. Ce centre est réservé aux enfants qui vivent en famille. Les parents peuvent chaque fois faire venir l'enfant pour qu’il soit pris en charge aux niveaux cognitif, psychomoteur ou intellectuel. Ces éducateurs spécialisés, dont c'est le métier, savent au cas par cas, selon la nature du handicap de l'enfant, l'accompagner et développer tout le potentiel qu'il a en lui.

 

Pour les parents qui ne savent pas vers qui se tourner, quels sont les principaux services et dispositifs publics auxquels ils peuvent s'adresser pour bénéficier d'un accompagnement ?

La porte ouverte est le Centre d’Éducation Spécialisé. Les parents peuvent donc faire venir leurs enfants. Au niveau de nos Centres de Protection de la Petite Enfance (CPPE), nous recevons aussi des enfants en situation de handicap qui sont, dès le bas âge, formés et accompagnés pour leur implication, leur insertion sociale. Nous référons également, selon les cas, les parents dans les centres spécialisés. Il y a l'Institut National de Santé Publique (INSP) d'Adjamé, qui est un centre de guidance vers lequel nous orientons les parents, de même que l’Institut des sourds-muets et l'Institut des aveugles. Nous les orientons vers les structures spécialisées, au cas par cas, selon les types de handicap des enfants.

  

Quels progrès ont-ils été réalisés ces dernières années et quelles sont les prochaines priorités du gouvernement pour renforcer la prise en charge de l'inclusion scolaire et sociale de ces enfants ?

Le grand progrès qui a été réalisé est l'insertion des enfants en situation de handicap dans les écoles recevant des enfants sans handicap. Nous avons des enfants en situation de handicap qui ont pu passer des classes d'examen. Et cela, en collaboration avec le ministère de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de l’Enseignement technique qui a pris des dispositions pour que ces enfants puissent être intégrés dans la filière normale selon le type de handicap.

En ce qui concerne les projets, le plus grand que nous avons est la construction et l'équipement d'un Centre Spécialisé pour l'accueil des enfants en situation de handicap avec leur intégration dans le monde professionnel. Le site qui a été défini est à San Pedro.

 

Comment vous joindre pour ceux qui n’ont pas le centre à portée de main ?

Nous avons un numéro vert, la ligne 116, « Allô enfants en détresse », qui est le numéro vert gratuit que tout citoyen doit connaître. Lorsque vous composez ce numéro, vous posez votre préoccupation et vous aurez des réponses adéquates. Nous avons également nos Centres Socioéducatifs, ainsi que des Centres sociaux, qui sont dans nos Complexes Socioéducatifs vers lesquels vous pouvez vous tourner, car ils sont à l'écoute des citoyens. Nous avons par ailleurs la Direction de la Protection de l'Enfant (DPE), de même que le ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, qui traite tous les dossiers que vous pouvez adresser à Madame la ministre.

 

Votre mot de fin

Nous tenons à ce que la population ivoirienne sache que le ministère de la Femme, de la Famille et de l'Enfant met tout ce qui est en son pouvoir pour que l'intérêt supérieur de l'enfant soit préservé. Et ce, à travers la Direction de la Protection de l'Enfant (DPE). Sachez que le numéro vert, la ligne 116, est à votre disposition. Elle est gratuite pour tout problème et toutes préoccupations. Vous pouvez appeler ce numéro et vous aurez les réponses à vos questions.

CICG

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